Pourquoi la réponse est généralement non ?
Dans la majorité des situations, les professionnels de santé recommandent de retirer les bas de contention avant le coucher.
Le boulot des chaussettes de compression est de faciliter le retour veineux pendant la journée. Car quand nous sommes assis ou debout, le sang remonte vers le cœur en luttant contre la gravité. Les bas de contention exercent alors une pression dégressive pour filer un coup de pouce à la circulation sanguine !
Vous l’avez compris : c’est une contrainte qui disparaît en grande partie pendant la nuit, quand nous sommes allongés. Le retour veineux se fait donc naturellement et plus facilement, et le besoin de compression devient en général beaucoup moins important.
Pour cette raison, les prescriptions médicales concernent uniquement un port en journée (sauf pour quelques situations spécifiques que nous verrons par la suite).
Ce qui change une fois que l’on est allongé
Pour bien comprendre cette recommandation, Merinos vous guide en toute simplicité. Tout d’abord, il faut revenir au fonctionnement de la circulation sanguine.
Les bas de contention ont été conçus pour répondre à des contraintes qui concernent les périodes où nous sommes assis ou debout.
Une position allongée qui facilite le retour veineux
En position couchée, les jambes se retrouvent pratiquement au même niveau que le cœur. Le sang peut alors remonter plus facilement, sans avoir besoin d’une « assistance mécanique » pour lutter contre la gravité.
C’est pour ça que les personnes qui souffrent de jambes lourdes ressentent un soulagement quand elles s’allongent quelques minutes après une longue journée.
Une pression conçue pour la journée
Les collants de contention sont composés d’une matière très élastique. La pression exercée par la compression s’exprime en millimètres de mercure (mmHg). Elle est donc conçue pour accompagner le retour veineux quand les jambes supportent le poids du corps et subissent les effets de la gravité.
Si vous ne présentez pas de pathologie particulière, vous n’avez donc pas besoin de dormir avec des bas de contention. La nuit, la compression n’apporte aucun bénéfice supplémentaire (hormis quelques situations bien particulières).
La gravité joue surtout un rôle lorsque l'on est debout
Quand on reste debout pendant longtemps, ce qui nous arrive à tous pendant la journée, le sang a tendance à stagner dans les membres inférieurs. Les dispositifs de compression ont été développés pour réduire ce phénomène.
Pendant le sommeil, la dynamique est toute autre ! La position allongée change tout. C’est pourquoi le port nocturne n’est pas nécessaire.
Quand dormir avec des bas de contention ?
Retirer ses bas reste la règle générale. Mais certaines situations médicales appellent au maintien des bas de contention pendant la nuit.
En tout cas, c’est une décision qui doit être prise uniquement par un professionnel :
- Après certaines opérations chirurgicales : parfois, après une opération, le médecin peut recommander le port continu des collants de contention. L’idée est de réduire le risque de complications veineuses pendant la période post-opératoire. La durée de ce port nocturne peut varier selon le type d’intervention chirurgicale et l’état de santé du patient ;
- En cas d'insuffisance veineuse sévère ou de thrombose : typiquement des pathologies veineuses qui peuvent nécessiter des protocoles spécifiques… Dans le cadre d’une thrombose veineuse profonde ou d’une insuffisance veineuse importante, le professionnel de santé peut recommander de dormir avec des bas de contention ;
- Pendant la grossesse, seul le médecin peut décider : s’il y a bien une période où les jambes adorent se rappeler à notre bon souvenir, c’est la grossesse. Entre les hormones, le volume sanguin qui augmente ou encore la pression du bébé, il n’est pas rare de souffrir de jambes lourdes ou de voir apparaître quelques petits problèmes veineux. Alors attention, les bas de contention sont souvent prescrits aux femmes enceintes pendant la journée, mais le port nocturne reste relativement rare ! Seul le médecin ou la sage-femme peut déterminer si une contention de nuit est vraiment nécessaire. Il n’y a pas de règle universelle.
Les inconvénients possibles d'une contention pendant le sommeil
Une fois sous la couette, nos besoins changent et la compression peut vraiment devenir très inconfortable.
Une compression qui n'est plus vraiment adaptée
Pendant la journée, on marche, on bouge, on change de position. On oublie souvent que l’on porte des bas de contention car les jambes restent actives.
Sous la couette, c’est une autre histoire. Quand on ne bouge plus pendant des heures, les équipements de contention peuvent devenir un calvaire… beaucoup ne supportent tout simplement plus la sensation continue de pression. De plus, comme on est inactif, le cerveau se focalise dessus. Les bas nous paraissent plus serrés, plus intrusifs, etc.
Quand les bas deviennent les ennemis du sommeil
On va pas se mentir : on aime les nuits french’ment cool chez Merinos. Et quand on veut passer une bonne nuit, on bannit tout ce qui gratte, frotte ou a tendance à devenir agaçant !
Quand on est immobile pendant plusieurs heures sous la couette, on devient logiquement plus sensible à cette pression continue. De plus, en cas de compression excessive, des irritations et démangeaisons peuvent apparaître.
Entre nous, votre sommeil mérite bien mieux que ça, non ?
Existe-t-il une classe de contention spéciale pour la nuit ?
La question revient souvent, mais la réponse est non. Il n’existe pas de version « nuit » destinée au grand public.
En revanche, il y a différentes classes de compression. Elles sont prescrites en fonction de la situation médicale. Classe 1, classe 2, classe 3 ou classe 4, chacune correspond à un niveau de pression particulier.
Les différentes classes de compression
Justement, regardons en détail quels sont les différents niveaux de compression. Tous les bas n’exercent pas la même pression. En France, on distingue quatre classes de compression, définies selon la pression exercée au niveau de la cheville :
- Classe 1 (10 à 15 mmHg) : compression légère, principalement utilisée pour les sensations de jambes lourdes ou certaines situations préventives ;
- Classe 2 (15 à 20 mmHg) : c’est la classe la plus souvent prescrite. Elle est notamment utilisée en cas de varices, d’œdèmes légers, pendant la grossesse ou après certaines interventions veineuses ;
- Classe 3 (20 à 36 mmHg) : destinée aux troubles veineux plus importants (insuffisances veineuses sévères ou antécédents de thrombose) ;
- Classe 4 (plus de 36 mmHg) : compression très forte, réservée à des situations médicales spécifiques qui nécessitent un suivi spécialisé.
Comment favoriser la circulation sans dormir avec ses bas ?
Bonne nouvelle : dans beaucoup de cas, il existe des moyens simples et sains pour aider la circulation du sang pendant la nuit :
- Surélever légèrement les jambes dans le lit, une solution efficace pour éviter d’avoir la sensation de jambes lourdes au moment de s’endormir. Beaucoup de personnes y trouvent un certain confort ;
- Marcher régulièrement, bouger dans la journée ;
- Boire suffisamment d’eau tout au long de la journée ;
- Si possible, éviter de rester assis pendant des heures sans interruption.
Et tant qu’on est dans la nuit, n’oublions pas un détail crucial : le confort de couchage ! Un bon matelas et une literie adaptée sont indispensables pour une bonne récupération.
Ce que recommandent réellement les spécialistes
Si on devait résumer les recommandations des médecins et des phlébologues en une phrase, cela ressemblerait sûrement à : pour la majorité des patients, les bas de contention s’arrêtent au moment du coucher !
Et pour les quelques situations rares de recommandation pendant le sommeil, les médecins prennent en compte plusieurs choses : la pathologie concernée, l’intensité des symptômes, les antécédents du patient et le risque de complications veineuses.
C’est pourquoi les médecins raisonnent toujours au cas par cas, il n’y a pas de règle générale pour tout le monde.
Quelles sont les erreurs que l’on rencontre souvent ?
Comme de nombreux dispositifs médicaux, les collants compressifs sont efficaces s’ils sont utilisés correctement.
Vous l’avez deviné, l’erreur la plus fréquente est de vouloir dormir avec des bas de contentionsans recommandation médicale !
L’autre grand classique est de choisir soi-même sa classe de compression, sans véritable conseil. Si elle est trop faible, elle perd en efficacité. Trop forte, elle devient vite inconfortable.
Ensuite, on peut dire que certains bas de contention mériteraient franchement de prendre leur retraite. Après des mois de bons et loyaux services, leur niveau de compression n’est plus toujours celui des premiers jours… D’ailleurs, pour prolonger leur durée de vie, accordez-leur un minimum d’attention ! Leur entretien est parfois négligé alors qu’il joue un rôle important pour leur longévité et leur performance.